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Paroles de Jeunes

LE NOUVEAU SLOGAN SOCIALISTE : Contre un Passeport pour l’Emploi !
Dans la famille « on a tout essayé contre l’emploi sauf ce qui marche », je voudrais le Contrat Première Embauche, une idée défendue par le Gouvernement et issue d’une convention UMP.
Voilà enfin une véritable initiative courageuse contre le chômage des jeunes : le CPE est un contrat de travail à durée indéterminé ouvrant des droits nouveaux pour les jeunes de moins de 26 ans. Parmi ces nouveaux droits, on peut citer un droit à la formation dès la fin du premier mois, une indemnisation- chômage (à partir du 4ème mois), un accès au crédit et au logement facilité. Enfin, si une période de consolidation de deux ans est en effet prévue, les stages, les CDD et les périodes en alternance seront décomptés de ces deux ans. Ce qui réduit considérablement cette période d’essai.
On peut être opposé au CPE mais il faut alors avoir le courage de défendre les éventuelles alternatives à ce projet. Et des « projets alternatifs », je n’en vois que deux : le « statu quo » ou les « fausses solutions socialistes ».
Enterrer le CPE comme le souhaitent le PS et ses pantins syndicaux (UNL, FIDL et UNEF), ce serait d’abord faire le choix du statu quo. Quel est au juste cet âge d’or auquel nous nous apprêtons à renoncer ? Et bien c’est un monde merveilleux où le chômage s’élève à 23 % chez les jeunes et même à 40 % chez les jeunes sans qualification. Un monde où le CDD est la règle, c’est-à-dire un contrat de travail qui dure 18 mois au maximum, 4 mois en moyenne et dont la moitié ne dure qu’un mois. Un monde, enfin, où le jeune met 8 à 11 ans avant de trouver un emploi stable en alternant périodes de stage, CDD et périodes sans activité ni ressource. En gros, le jeune trouve son premier CDI vers 30 ans, à l’âge précisément où il cesse d’être un jeune...
CFE, CDD, CDI,... pour les socialistes ce serait plutôt le CDV : le Contrat « Démerdez-Vous ». En effet, depuis que son électorat s’est embourgeoisé, le PS préfère se raccrocher à des principes incantatoires plutôt que se heurter à des réalités économiques et sociales. La gauche agite l’épouvantail de « la précarité institutionnalisée » et sacralise le CDI, alors que dans les faits, la précarité est installée depuis longtemps dans un système pervers où le CDD est la règle et le CDI l’exception. Nos amis socialistes, qui portent leurs beaux principes en bandoulière, ne sont même plus conscient d’une réalité toute simple : en l’absence d’assouplissement des règles du droit du travail pour la première embauche, en l’absence d’une action spécifique à destination des jeunes, l’obtention d’un premier job sera toujours une formalité pour le « pistonné » et un parcours du combattant pour le commun des mortels.
Plutôt que des mesures anesthésiantes comme les « emplois-jeunes », nous avons fait le choix de vrais passeports pour de vrais boulots. Evidemment les professionnels de la manif et de l’immobilisme sont contre. Mais à présent, nous connaissons les différentes voies possibles. Alors à nous de choisir la meilleure pour nous aider à faire nos premiers pas dans la vie active.
Franck ALLISIO Responsable Etudes & Prospectives
Article modifié le 24 février 2006